Orages d’Acier #37 – « Art contemporain et politique »

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Ce soir, l’équipe d’Orages d’Acier revient sur la question du non-art contemporain et de sa dimension hautement politique…

5 Commentaires

  1. Fac200 dit :

    Cher M. K

    Quand on parle de plug anal, de Murakami ou de Jeff Koons qui s’imposent dans notre patrimoine, il faut bien comprendre que du manga au lapin en ballon de baudruche jusqu’à un article de sex-shop conçu pour dilater l’anus, nous avons des objets vulgaires produits à l’infini par l’industrie dans un but de divertissement et de séduction.

    C’est un peu la notion de beau développé dans l’homme unidimentionel d’Herbert Marcuse que nous retrouvons ici.

    Mais j’y vois une autre explication.

    Le gros problème de ces artistes est d’être exposé. On a conçu des lieux très parisiens comme le palais de Tokyo. Le problème de ces œuvres exposés dans ces espaces relevaient trop de « planéité » dans une architecture trop moderne.

    El Lizzitsky avait concu l’espace Proun, un espace construit autour d’un tableau dont le but était de créer un espace « d’esthétique relationnel ».

    C’est à peu près la même chose qui se passe avec ces artistes exposés à Versailles ou Place Vendôme, sauf que c’est l’exposant et non l’artiste qui le met dans une situation d’esthétique relationnel, le vrai et le beau se confrontant alors au faux et au laid pour ne plus savoir choisir comme le préconisait Marcuse.

    Au plus l’œuvre relève de la plus profonde bassesse de la production en série de l’industrie du divertissement et de la séduction (et là on a dépassé les cartons de Brillo et de Heinz d’Andy Warhol qu’il avait exposé dans un vrai supermarché), au plus elle a de chance de se retrouver dans nos joyaux culturels.
    Autant dire que la concurrence est rude.

    Si un critique ou un commissaire d’exposition ose prétendre que de telles œuvres complète de travail par exemple d’André Le Nôtre pour le jardin de Versailles, ceci est un mensonge !

    Je dirai plus que ton intervention est un journal de bord des transgressions souhaitées plus par les politiques et les commissaires d’exposition que des artistes eux-mêmes.

    Le pire du pire peut rester dans une cave de drogués à Berlin, si elle n’est pas connue, aucune chance d’être exposée.

    D’où le développement dans les villes très ancrées à gauche de ces « résidences » d’artistes, véritable vivier d’inventeur de cochonneries à accrocher aux cimaises.

    Autre remarque sur un aspect peu retrouvé dans la résistance salutaire à l’invasion de ces œuvres, c’est l’absence, et je pense notamment à l’opposition à l’exposition du Piss Christ, d’artistes et de critiques pour apporter une réflexion supplémentaire à la lutte.

    La profanation est un but recherché dans la volonté de reconnaissance et de victimisation qui vont de pair.

    Il faut rappeler aux auditeurs l’expérience très intéressante de l’artiste conceptuel allemand Hans Haacke pour « Et pourtant vous étiez les vainqueurs » de 1988.
    https://lecahiernumerique.blogspot.com/2012/12/hans-haacke.html

    Utiliser les méthodes de ces artistes (ex : happenings) à des fins de détournement en n’hésitant pas à aller même jusqu’à l’autodérision de nos troupes.

    Si notre culture est en danger, l’artiste politique de nos rangs devrait être aussi de la bataille et pouvoir proposer des modes d’action.

    Bien amicalement

  2. Herne H dit :

    L’Art est essentiel à la société puisqu’il façonne à la fois l’espace physique, mental et spirituel.

    Dans le non-art dégénéré ce n’est jamais l’objet lui-même qui est important mais l’effet sociétal qu’il provoque. En général c’est une insulte au Beau, au Bien, au Juste et à la Nature qui ne demande pas d’effort de la part de l’instigateur et qui a toutes les chances de provoquer l’effet escompté. Le brouhaha sociétal de ces installations permet en outre de faire diversion politiquement. Comme on pouvait s’y attendre, nos « pauvres » Catholiques sont évidemment tombés dans le piège et se sont retrouvés malgré eux ingrédients de ces installations comptantpourriennes!

    Dans la société capitaliste du spectacle marchand, deux réponses peuvent être données. Une, ignorer en apparence mais comme Mr. K l’a mentionné, on doit agir légalement pour que ces horreurs ne soient pas financées par l’argent public; et deux, faire en sorte de saboter discrètement ces ordures à différent niveaux (arrivée, montage, exposition). Mais lorsque la société sera à nouveau ré-enchantée et fera partie de l’Ordre Naturel, les formes véritables d’Art (d’origine Européenne pour les expositions permanentes), quelles soit Chrétiennes ou Païennes, voire abstraites (comme la musique électronique) devront être encouragées et le temps sera alors venu de passer au fil du glaive tous les nonartistes comptant pour rien…

    Amitiés Hyperboréennes

    /Herne H

  3. Herne H dit :

    Juste un petit commentaire sur votre phrase « Utiliser les méthodes de ces artistes (ex : happenings) à des fins de détournement en n’hésitant pas à aller même jusqu’à l’autodérision de nos troupes. ».

    On voit en effet de plus en plus de médias qui utilisent la méthode des adversaires (par ex, Conversano mais il y en a d’autres). Même si à court terme cela semble productif, il y a deux risques majeurs à long terme. Le premier effet est que les gens finiront par se lasser de toute cette dérision, de ce cynisme vide pour ne plus du tout croire en quelque cause. Nous devons au contraire proposer clairement autre chose.
    Le deuxième risque est plus profond car les méthodes de nos adversaires font partie de leur identité historique. Utiliser ces mêmes méthodes revient alors à changer d’identité et à rejoindre leur camp.

    Ce serait intéressant d’avoir l’avis Mr. K sur cette question.

  4. Caïn_Marchegris dit :

    Globalement d’accord avec ce que vous dîtes, mais une remarque : votre rejet des mangas comme « objet vulgaire semble un brin rapide, et sommes toutes peu informé. je vous renvoie au site du cercle non-conforme qui recense plusieurs mangas aux thématiques plus qu’intéressantes.
    Tous les mangas sont-ils de grandes oeuvres d’arts, ou présentent-ils un intérêt immense ? Non, évidemment. Cependant on peut dire exactement la même chose de la bande-dessinée franco-belge, et de la littérature en générale. Ce n’est pas parce que « 50 shades of grey » existe que je vais mettre mes oeuvres d’Homère, de Céline ou de Villon dans le même sac (poubelle).
    Par surcroît, même les mangas de pur divertissement, en particulier les shônens, me semblent renfermer des valeurs qui ne sont pas si éloignées des valeurs traditionnelles européennes : abnégation, dépassement de soi, bravoure, camaraderie, respect (même de l’adversaire), goût de l’aventure, etc. Cela ne remplacera évidemment pas nos classiques, mais les rejeter « parce que ce sont des mangas » m’apparaît comme un choix d’une relative stupidité (on croirait entendre Zemmour, ou Ségolène Royal).
    Et sur le plan purement artistique, de nombreux mangas ont des planches purement somptueuses, pour de la bande-dessinée (évidemment, si l’on compare à Michel-Ange, c’est laid ; mais cette comparaison n’a aucun sens). Ceci étant, je m’opposerais à toute tentative d’exposition Naruto à Versailles, si c’est là ce que vous craignez 🙂

  5. Gotha dit :

    l’Art moderne est le dernier épisode de l’histoire de l’art. l’Art contemporain quant à lui, est une imposture.
    On ne tue pas deux fois le père, on ne découvre pas deux fois l’Amérique.
    l’Art contemporain prétend dénoncer les travers capitalistiques de notre société, alors même qu’il baigne dans ces travers, jusqu’à la nausée.
    il suffit de regarder le prix de ces « œuvres ».
    C’est la valeur marchande de l’œuvre qui légitime sa qualité esthétique. De l’argent mal gagné, qui est mal investit. Tout cela finira par exploser en vol.

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