Émission n°2 : « Orientations Rebelles ».
18 avril 2010
Entrevue de Cristiano Coccanari, 37 ans, directeur Italie de Radio Bandiera Nera
21 avril 2010

Livres :

– Pierre-Olivier Sabalot : Verwoed, le prophète assassiné, Editions du Camas

(editionsducamas@hotmail.fr, 20€ + 3,60 de port)

L’Afrique du sud sera bientôt au cœur de l’actualité et Pierre-Olivier Sabalot, fin connaisseur des réalités de ce pays, nous fait découvrir une figure méconnue, mais attachante, du peuple afrikaner, Hendrik Frensch Verwoed (1901-1966). Plus qu’avoir été pour les médias dominants, le « grand architecte » de l’apartheid, il fut, en tant qu’idéologue et premier ministre de son pays, le promoteur d’une véritable décolonisation de cette création britannique que fut l’Union sud-africaine. Pour cela, il prôna une troisième voie ethno-différentialiste pour tous les peuples de cet espace, entre l’illusion multiraciale d’une nation « arc-en-ciel artificielle et la fuite en avant d’un ségrégationnisme suprématiste blanc, tout en tendant la main aux peuples d’Afrique noire.

Il fit de son pays une puissance industrielle et régionale de premier plan avec un système de développement économique qui ne pouvait que heurter de plein fouet l’oligarchie anglophone et sioniste, en plus des réactionnaires afrikaners. D’origine néerlandaise, ce qui lui permis de prendre du champs par rapport à certaines impasses et pesanteurs de l’héritage boer, il fut tragiquement assassiné dans des conditions troubles avant que la voie tracée soit abandonnée par son successeur B.J. Vorster.

Un ouvrage captivant pour découvrir un éveilleur de peuple à propos de l’oeuvre duquel certaines leçons peuvent être tirées…

A lire également, un entretien avec P.O. Sabalot sur La nouvelle Afrique du sud ou l’échec de la société multiraciale(http://fr.altermedia.info/general/exclusif-entretien-avec…)

Yuri Slezkine: Le siècle juif, La Découverte, 25 €

Sur une question sensible en ces temps « post-démocratiques », un ouvrage couronné par plusieurs prix, qui pourrait presque passer pour « antisémite » s’il n’était signé par un universitaire américain d’origine juive russe, enseignant à Berkeley.

Celui-ci part du postulat suivant, un peu provocateur en apparence: « L’Age moderne est l’Age des Juifs, et le XXème siècle est le siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible, (…)En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs. »

Dans une dichotomie stimulante, il divise les civilisations traditionnelles entre « Apolliniens » (guerriers et paysans nantis d’une éthique de l’honneur et d’enracinement) et « Mercuriens »(commerçants et intermédiaires généralement nomades, en quête de pouvoir et de savoir, intégrant leur déracinement).

Cette dernière catégorie regroupe bien sûr les Juifs et l’auteur explique que l’état d’Israël et le mouvement sioniste  seraient une tentative d »apolliniser » ce peuple ou du moins de tendre vers une synthèse entre Apolliniens et Mercuriens.

Les Etats-Unis d’Amérique constitueraient quant à eux une véritable terre promise, »ultra mercurienne en quelque sorte, pour la diaspora juive qui y prospère depuis les origines.

Avec sa sinistre utopie communiste internationaliste, l’Union soviétique fut aussi une terre d’élection pour l’élément juif, source de promotion politique et sociale, dans lequel il joua un rôle privilégié, notamment dans ses instruments de répression impitoyables.

L’auteur s’appesantit principalement sur le cas soviétique, dans cet essai remarquable, à rapprocher de celui, plus philosophique, de Gérald Hervé (« Le mensonge de Socrate », l’Age d’Homme,1984), dont la lecture est indispensable pour commencer à appréhender correctement cette vieille problématique.

– Georges-Henri  Bricet des Vallons: Irak Terre mercenaire, Favre, 20 €

Ouvrage dense, rigoureux et documenté qui éclaire une tendance lourde de l' »American way of war », particulièrement en Irak, celle d’une privatisation de la guerre confiée à des sociétés  militaires privées (SMP) dont la plus connue, l’ex-Blackwater (aujourd’hui Xe Worldwide) a défrayé la chronique ces dernières années. Ce processus addictif pour les forces armées d’une thalassocratie déclinante, plongées dans le chaos asymétrique des conflits irakiens et afghans, pourrait constituer une nouvelle révolution dans les affaires militaires.

L’auteur montre également que ce phénomène d’externalisation (outsourcing en globish) se décline dans la sphère philosophique de l’ultralibéralisme, traduisant une tentative d’ évolution vers une sorte de modèle anarcho-capitaliste, effet pervers issu de celui dominant actuellement,le minarchisme (à savoir l’état minimum réduit aux strictes dimensions de ses prérogatives régaliennes comme le maintien de l’ordre , la justice et la défense).

Sur ce dernier point, Bricet des Vallons avance que les SMP « symptomatisent à la fois la déconstruction de l’Etat-nation et sa recomposition en tant qu’Etat-stratège dans le cadre de la globalisation ». Un changement d’identité du Léviathan dont la professionnalisation des armées occidentales a constitué un préalable, en cette ère de transformation de la guerre

Un essai à lire en parallèle avec celui de François-Xavier Sidos (« Les soldats libres », L’Aencre, 2002) pour un éclairage sur la longue durée.

DVD :

Beowulf et Grendel/Beowulf, la légende viking de Sturla Gunnarsson (2005), Seven 7 ou Videodis.

Ce poème épique de la littérature anglo-saxonne  a inspiré le « Seigneur des anneaux » de J.R.R. Tolkien ou le roman de Michael Crichton, « les mangeurs de morts » adapté au cinéma par John McTiernan avec son « 13ème guerrier » (1999) malheureusement massacré au montage.

Au delà de la version plus connue réalisée par Robert Zemeckis (« La légende de Beowulf », 2007), le canadien d’origine islandaise, Sturla Gunnarsson nous offre une version plus âpre et naturaliste du mythe ayant volontairement gommé tout aspect surnaturel. Tourné dans les solitudes désolées de l’île où la glace rencontre le feu (avec une actualité toute volcanique !), ce film à l’atmosphère prenante,respire l’authenticité d’un contexte historique magnifiquement restitué où les impératifs de la vengeance se conjuguent à l’inexorabilité de la destinée et au choc des anciennes croyances avec un christianisme en pleine ascension.

Une bonne interprétation de Gérard Butler (Beowulf) et Stellan Skarsgard (Hrothgar).

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